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La journée de l'Armistice, le 11 novembre 1918...
les textes suivants et certaines illustrations sont extraits de l'excellent ouvrage " Histoire 1ere ", par F. LEBRUN - V. ZANGHELLINI - édit. Belin
(Dès) Le 7 novembre 1918, la délégation allemande gagne le front, franchit les lignes et par train spécial gagne la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, il s'y arrête à sept heures, le 8 novembre. La délégation allemande est reçue par le maréchal Foch.
Lorsque le représentant officieux des Etats-Unis lui a demandé, tardivement, s'il pensait qu'il valait mieux continuer la guerre que conclure un armistice, il a répondu : " je ne fais pas la guerre pour faire la guerre. Les gouvernements alliés savent la paix qu'ils veulent conclure. Les conditions mises à l'octroi d'un armistice leur permettent d'être certains de l'obtenir. Si l'ennemi accepte ces conditions, il est inutile de sacrifier encore des vies humaines. "
Les parlementaires allemands sont descendus de leur train et se dirigent vers celui du maréchal. Comme la terre est humide, un chemin en " caillebotis " réunit les deux trains. Les Allemands se présentent en file sur cet étroit passage et sont invités à monter dans le wagon-bureau. Le maréchal se fait remettre leurs pouvoirs et va les examiner dans son salon particulier. Le maréchal entre dans la grande pièce où les plénipotentiaires l'attendent debout.
Les présentations ont lieu : Erzberger, secrétaire d'Etat, comte Oberndorff, général von Winterfeld, capitaine de vaisseau Vauselow.
Le maréchal invite alors les quatre délégués allemands à prendre place sur l'un des deux grands côtés de la table; il s'assied en face d'eux, ayant à sa droite l'amiral Wemyrs (plénipotentiaire britannique); le maréchal et l'amiral sont encadrés par leurs chefs d'état-major (général Weygand et amiral Hope). Aux petits côtés de la table sont assis deux officiers secrétaires : le capitaine von Heldoff, l'officier interprète Laperche.
Les Allemands s'efforcent d'engager une discussion.
-- Demandez-vous un armistice ? interroge d'un ton sec le maréchal.
-- Oui, nous demandons la conclusion d'un armistice, répondent d'une seule voix et avec une certaine précipitation M. Erzberger et le comte Oberndorff. Le maréchal Foch fait alors donner par son chef d'état-major lecture aux plénipotentiaires allemands des clauses principales de l'armistice. Le texte complet leur est remis en même temps.
Comme le général de Winterfeld, le comte Oberndorff s'exprime parfaitement en Français; M. Erzberger et le capitaine de vaisseau Vauselow semblent ne pas comprendre notre langue. Le texte de chaque clause, d'abord lu en français, est traduit en allemand par l'officier interprète Laperche. Les phrases bien articulées tombent dans un silence de mort. Les têtes sont droites, les visages impassibles, celui du général allemand très pâle est empreint d'une douloureuse expression.
A la lecture de l'article prescrivant l'occupation par les troupes alliées des pays rhénans et des têtes de pont sur le fleuve, des larmes coulent des yeux du jeune capitaine. La scène atteint dans sa simplicité le plus haut degré de pathétique; le moment est poignant.
Les Allemands tentent d'obtenir la cessation immédiate des hostilités avant la signature de l'armistice.
Le maréchal répond : " Représentant des gouvernements alliés, je vous ai fait connaître les conditions qu'ils ont arrêtées. je suis disposé à arriver à une conclusion et vous aiderai, dans la mesure du possible, pour cela. Mais les hostilités ne peuvent cesser avant la signature de l'armistice. "
La signature de l'armistice, le 11 novembre 1918, à cinq heures du matin..!
" La Grande Guerre " - Le Figaro hors-série - Extrait
Le 10 novembre, à 20 heures, Berlin transmet par T.S.F. deux télégrammes commençant par ces mots : " Le gouvernement allemand accepte les conditions de l'armistice qui lui ont été posées le 8 novembre " (signé : le chancelier de l'Empire).
Le 11 novembre, à l'aube, les délégations sont face à face dans une ancienne voiture-restaurant, le numéro 2419 D, de la Compagnie des wagons-lits. Autour de Foch, le général Weygand, le commandant Riedinger, le capitaine de Mierry, l'officier interprète Laperche, l'amiral Wemyss, Premier lord de la mer, le contre-amiral Hope, le capitaine de vaisseau Marriott et l'interprète commander Bagott. Les Etats-Unis, associés et non alliés, ne sont pas représentés. Autour de Erzberger : le général von Winterfeld, ancient attaché militaire à Paris, le comte Oberndorff, représentant les Affaires étrangères, le capitaine de vaisseau Vanselow.
Signé à 5 heures du matin, l'armistice entre en vigueur à onze. Il est annoncé sur le front par les sonneries du " cessez-le-feu ", et salué à Paris par une salve de 1200 coups de canons et par les cloches de toutes les églises de France. Dans l'après-midi, à la Chambre, Clemenceau en lit le texte et s'écrie : " La france, hier soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'Humanité, sera toujours le soldat de l'Idéal ! "
NB : Je suis assez étonné que les passages des extraits ci-dessus exposés, de sources historiques " différentes ", présentent, parfois, une orthographe différente des noms propres, tant français, allemands et étrangers, bizarre, quand même !
A suivre...
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