
" Le Parisien " du 17/03/06
Chers amis lecteurs et lycéens,
Vous ne pourrez guère compter sur les partis politiques et syndicats, pour vous tirer d'affaire, parce qu'ils sont tous issus d'une classe sociale " élitiste " ( gauche-droite, camarades de promo..! ), et que, par ailleurs, pour des raisons purement " politiciennes ", ils ne veulent recueillir vos voix et suffrages que pour leurs seuls profits et buts de faire du chiffre et nombre, afin d'obtenir des millions d'euros de subventions, en-sus de leurs cumuls de mandats électifs ( !!! ), lesdites subventions n'étant " rémunérées " que sur le dos des contribuables, il faut donc que vous le sachiez..! . Aussi, je vous propose ( entre autres idées..! ), comme " alternative ", pour réussir dans la vie, sans pour cela être " obligés " de " faire " l'Ena ou Sciences Po, de suivre ( ou pas, ou bien..s'inspirer..! ) les conseils et stratégie des personnages de Balzac..!

Gavarni ( 1804-1866 ) Les étudiants de Paris
Faire fortune, avant tout !
Le nom d'Eugène de Rastignac , aujourd'hui, représente le symbole de l'arrivisme ( toujours efficace, car " l'homme est un loup de l'homme ", et les politiciens sont des super-loups..! ). Alors qu'il est encore un modeste étudiant, la rencontre d'Eugène de Rastignac avec Vautrin, ancien bagnard recherché par la police, va être déterminante. En effet, Vautrin connaît bien les rouages de la société, et propose à Eugène de faire de lui un homme riche et puissant
" Une rapide fortune est le problème que se proposent de résoudre en ce moment cinquante mille jeunes gens qui se trouvent tous dans votre position. Vous êtes une unité de ce nombre-là. Jugez des efforts que vous avez à faire et de l'acharnement du combat. Il faut vous manger les uns les autres comme des araignées dans un pot, attendu qu'il n'y a pas cinquante mille bonnes places. Savez-vous comment on fait son chemin ici ? par l'éclat du génie ou par l'adresse de la corruption. Il faut entrer dans cette masse d'hommes comme un boulet de canon, ou s'y glisser comme une peste.
L'honnêteté ne sert à rien. L'on plie sous le pouvoir du génie, on le hait, on tâche de le calomnier, parce qu'il prend sans partager ; mais on plie s'il persiste ; en un mot, on l'adore à genoux quand on n'a pas pu l'enterrer sous la boue. La corruption est en force, le talent est rare. Ainsi, la corruption est l'arme de la médiocrité qui abonde, et vous en sentirez partout la pointe. (...)
Si donc vous voulez promptement la fortune, il faut être déjà riche ou le paraître. Pour s'enrichir, il s'agit ici de jouer de grands coups ; autrement on carotte, et votre serviteur ! Si, dans les cent professions que vous pouvez embrasser, il se rencontre dix hommes qui réussissent vite, le public les appelle des voleurs. Tirez vos conclusions. Voilà la vie telle qu'elle est. Ça n'est pas plus beau que la cuisine, ça pue tout autant, et il faut se salir les mains si l'on veut fricoter ; sachez seulement vous bien débarbouiller : là est toute la morale de notre époque.
Si je vous parle ainsi du monde, il m'en a donné le droit, je le connais. Croyez-vous que je le blâme ? du tout. Il a toujours été ainsi. Les moralistes ne le changeront jamais. L'homme est imparfait. Il est parfois plus ou moins hypocrite, et les niais disent alors qu'il a ou n'a pas de moeurs. Je n'accuse pas les riches en faveur du peuple : l'homme est le même en haut, en bas, au milieu. Il se rencontre par chaque million de ce haut bétail dix lurons qui se mettent au-dessus de tout, même des lois ; j'en suis. Vous, si vous êtes un homme supérieur, allez en droite ligne et la tête haute.
Mais il faudra lutter contre l'envie, la calomnie, la médiocrité, contre tout le monde. Napoléon a rencontré un ministre de la guerre qui s'appelait Aubry, et qui a failli l'envoyer aux colonies. Tâtez-vous ! Voyez si vous pourrez vous lever tous les matins avec plus de volonté que vous n'en aviez la veille. Dans ces conjonctures, je vais vous faire une proposition que personne ne refuserait. Écoutez bien. "
Honoré de Balzac, Le père Goriot ( 1834-1835 )












